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dimanche 31 janvier 2010

Comment optimiser l'efficacité des médicaments ?

Les doses d'antibiotiques, qui sont actuellement les mêmes pour tous les patients adultes, devraient être ajustées en fonction du poids des patients afin d'optimiser leur efficacité et d'éviter l'apparition de résistances, estiment des spécialistes qui s'expriment dans "The Lancet". La pratique d'ajustement des doses de médicaments en fonction de la taille des individus existe déjà en onco-hématologie, en anesthésie-réanimation et en pédiatrie, mais ce n'est pas le cas pour les antibiotiques.

APM - 14/01/2010

samedi 30 janvier 2010

Comment évolue le cerveau après 40 ans ?

Contrairement à une idée reçue, 40% de nos cellules grises ne disparaissent pas avec l'âge. De récentes recherches sur le vieillissement du cerveau ont mis en lumière un simple affaiblissement des connexions neuronales qui n'a rien d'irréversible. Cet affaiblissement intervient naturellement après 40 ans, mais aussi par manque de stimulation intellectuelle.

D'après Deborah Burke, professeur de psychologie à Pomona College, en Californie, il suffit d'entretenir les connexions cérébrales existantes, mais aussi de s'employer à construire d'autres réseaux neuronaux, pour entretenir les compétences de son cerveau. Pour ce faire, rien de tel que de bousculer ses habitudes et se confronter à des idées et façons de voir différentes des nôtres, affirme la chercheuse.

Il s'agit donc simplement de "se secouer les synapses" et de "remettre en question notre perception du monde". Elle insiste par ailleurs sur les atouts intrinsèques d'un cerveau d'âge mûr, qui va plus facilement à l'essentiel, "accepte une plus grande complexité et permet une compréhension plus profonde" du monde.

Le Figaro - 15/01/2010

vendredi 29 janvier 2010

Génétique et Cholestérol

Des chercheurs new yorkais ont mis en évidence qu'une mutation génétique impliquée dans le métabolisme du cholestérol protégeait aussi les sujets qui en sont porteurs du déclin cognitif (en ralentissant sensiblement la survenue des troubles relatifs à la mémoire épisodique), et réduisait le risque de démence ou de maladie d'Alzheimer.

Le Quotidien du Médecin - 13/010/2010

jeudi 28 janvier 2010

Animal ou végétal ? Une limace de mer fabrique de la chlorophylle !





Si elle est verte, c'est parce que cette limace de mer contient de la chlorophylle... Grâce à elle, le mollusque tire de l'énergie du soleil et peut ne manger qu'une seule fois dans sa vie ! La limace a volé aux algues ce pigment de la photosynthèse mais on vient découvrir qu'elle sait aussi la fabriquer. De quoi brouiller la frontière entre animal et végétal. La limace de mer Elysia chlorotica, qui vit dans les eaux de la côte est des Etats-Unis, est connue pour voler les gènes et les organites photosynthétiques de sa proie, l'algue Vaucheria litorea. On parle de kleptoplastie, c'est-à-dire littéralement de vol de plastes (organites comme les chloroplastes). Ce gastéropode opisthobranche de l'ordre des sacoglosses, qui a perdu sa coquille, stocke ensuite ces chloroplastes par endosymbiose dans les cellules de son tube digestif ramifié à la manière des nervures d'une feuille.

De nombreux animaux sont connus pour utiliser des micro-organismes photosynthétiques pour leur propre bénéfice, comme les coraux ou encore, chez les mollusques, les fameux bénitiers (tridacnes).

Plante ou animal ? Une voleuse, en tout cas !

Cependant, chez ces organismes hôtes, les cellules de leurs symbiontes restent entières. Chez Elysia chlorotica, en revanche, ces cellules sont détruites et les chloroplastes sont intégrés dans les propres cellules de la limace de mer. Ces kleptoplastes peuvent alors rester actifs pendant presque un an, soit à peu près la durée de vie de cet organisme.

Ces chloroplastes, grâce à la photosynthèse, apportent une quantité importante de nutriments. Les chercheurs ont en effet démontré qu'une jeune limace de mer n'avait besoin de manger qu'une seule fois dans sa vie après avoir dévoré des Vaucheria litorea. Il faut pour cela qu'elle dispose de sources de chlorophylle, de lumière et des éléments chimiques nécessaires à la photosynthèse.

Pourtant, si les chloroplastes ont leur propre génome, celui-ci n'est pas suffisant pour les maintenir ad vitam aeternam. Leur co-évolution au sein des végétaux s'est en effet accompagnée du transfert de certains gènes vers le noyau des cellules végétales.

En 2007, Sidney Pierce avait déjà découvert des gènes liés à la photosynthèse, y compris dans des œufs de limace de mer, donc avant toute consommation d'algues. Ses dernières recherches ont mis en évidence un plus grand nombre de gènes d'origine algale, dont certains codent pour des enzymes impliquées dans la synthèse de la chlorophylle. Il y a donc eu aussi transfert de gènes des kleptoplastes vers le noyau des cellules de cet animal.


Elysia chlorotica et son apparence de feuille, une plante ou un animal ? © Plant Physiology

De la chlorophylle made in Elysia

L'équipe de Sidney Pierce de l'Université de Floride du Sud a utilisé des traceurs radioactifs pour traquer l'origine de la chlorophylle d'Elysia chlorotica. La question était de savoir si ce transfert de gènes était suffisant pour permettre à ces animaux de créer eux-mêmes leur chlorophylle, tâche normalement dévolue aux chloroplastes.

Les chercheurs ont donné un acide aminé nécessaire à la production de chlorophylle et marqué par un atome de carbone radioactif à des individus n'ayant plus mangé d'algues depuis 5 mois, et dont toute trace d'algue, hormis les chloroplastes, avait été éliminée. Les animaux ont ensuite été exposés à un bain de soleil ou au contraire maintenus dans l'obscurité (lot témoin).

A l'issue de ce traitement, il est apparu que les limaces de mer exposées à la lumière possédaient des molécules de chlorophylle a contenant le carbone radioactif alors que ce n'était pas le cas de celles maintenues dans le noir. Cette chlorophylle marquée a donc bien été synthétisée par la limace de mer !

La preuve est donc faite : Elysia chlorotica est le premier animal connu capable de synthétiser de la chlorophylle. Cette capacité proviendrait d'une longue co-évolution entre l'animal et sa proie, marquée par le vol de gènes. L'étude devrait paraître prochainement dans la revue scientifique Symbiosis.

m.futura-sciences.com 15 janvier 2010

mercredi 27 janvier 2010

Génétique : le chromosome Y évolue plus vite que les autres

A côté de l'imposant chromosome X, le Y n'a l'air de rien. Il est tout petit. En plus, il aurait perdu la plupart de ses gènes au cours des centaines de millions d'années de son évolution –depuis sa séparation d'avec le X. On le pensait un peu figé. Mais cette conception est chahutée par la comparaison de ce chromosome chez l'humain et chez le chimpanzé, qui montre que le chromosome Y a évolué très vite, probablement plus vite que les autres chromosomes, en 6 millions d'années (temps estimé de la séparation entre les deux espèces).

A cause de ses nombreuses séquences répétitives de gènes et de ses palindromes (des séquences qui peuvent être lues dans les deux sens) qui compliquent les opérations de séquençage, le chromosome Y est souvent exclu des études.

Pour le chromosome Y humain, ce travail a été effectué en 2003 par l'équipe de David Page, biologiste au MIT et au Whitehead Institute for Biomedical Research (Cambridge, E-U). Son équipe vient de finaliser la séquence du Y du chimpanzé avec le même degré de détail, permettant pour la première fois une véritable étude comparative.

Les chercheurs ont eu la surprise de constater que les deux chromosomes étaient très différents: plus de 30% de leurs séquences n'ont pas d'homologue, alors que l'ensemble des deux génomes est semblable à plus de 98%. Si sa structure est plus dépouillée, le chromosome Y humain possède un répertoire de gènes plus complexe et plus diversifié que celui du chimpanzé selon Page et ses collègues, qui publient leur étude cette semaine dans la revue Nature.

Les divergences pourraient notamment découler des différences dans le mode de reproduction. La compétition est plus forte entre les mâles pour les grands singes que pour Homo sapiens, entraînant une pression de sélection plus forte pour les gènes impliqués dans la fabrication du sperme chez les chimpanzés, suggèrent les chercheurs.

L'évolution rapide est sans doute également liée à la solitude du chromosome Y (les combinaisons XYY sont rares), qui ne peut échanger de matériel génétique avec un congénère au moment de la division cellulaire, alors que ce processus permet de limiter les changements. Pour aller plus loin, Page et ses collègues prévoient de séquencer d'autres chromosomes Y de mammifères, afin de voir s'ils évoluent aussi rapidement.

Sciences-et-Avenir.com 14/01/2010

mardi 26 janvier 2010

Le thé vert pourrait réduire le risque de cancer du poumon lié au tabagisme

La consommation de thé vert pourrait moduler l'effet du tabagisme sur le risque de cancer du poumon, selon une étude présentée à la conférence commune de l'American Association for Cancer Research et de l'International Association for the Study of Lung Cancer sur les origines moléculaires du cancer du poumon qui se tient cette semaine en Californie.

Le thé vert suscite un intérêt particulier pour les polyphénols qu'il contient qui sont des antioxydants puissants. Certaines préparations à base de thé ont montré une activité inhibitrice sur la tumorigenèse. Mais les études disponibles sur le thé vert sont surtout épidémiologiques, avec les biais qu'elles comportent. Le Dr. I-Hsin Lin de la Chung Shan Medical University à Taïwan et ses collègues ont recruté 170 patients ayant un cancer du poumon et 340 personnes en bonne santé. Ils les ont questionnés sur leurs habitudes alimentaires, un éventuel tabagisme et leurs antécédents familiaux. Les participants, fumeurs et non fumeurs, qui ne buvaient pas de thé vert, avaient un risque multiplié par 5,16 de cancer du poumon par rapport à ceux qui en buvaient au moins une tasse par jour. Chez les fumeurs, le risque était multiplié par 12,71 pour les non buveurs de thé vert.

APM - 12/01/2010

lundi 25 janvier 2010

Solitude et génétique...

Une récente étude menée par des chercheurs américains révèle qu'outre les facteurs éducatifs et environnementaux, le facteur génétique jouerait un rôle primordial dans l'aptitude à supporter ou non la solitude, voire l'exclusion sociale. Les êtres humains sont inégaux quand il s'agit de supporter l'isolement.

Tandis que certains sont plutôt solitaires de nature, d'autres au contraire, souffrent de la solitude et sont ainsi en constante recherche de lien social. Surprenant ? Non, si on en croit les résultats de l'étude* menée par des biologistes de l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA) : la solution de l'énigme serait dans nos chromosomes.

La clé du mystère ? La sensibilité aux endorphines. Les scientifiques révèlent en effet que, en fonction de son patrimoine génétique, l'être humain est plus ou moins sensible aux endorphines, hormones naturellement produites par l'organisme et qui produisent une sensation de bien-être. Il est établi que pour la majorité des gens, le contact social provoque la libération d'endorphines, et procure à l'Homme bonheur et réconfort. Des inégalités entre individus interviennent toutefois au niveau des récepteurs d'endorphines situés dans le cerveau, qui seraient, selon les individus, plus ou moins sensibles.

Plus les récepteurs d'une personne sont sensibles, plus les rencontres avec d'autres personnes lui procureront du plaisir. Cette personne sera donc avide de nouvelles rencontres et de nouveaux échanges, tandis que l'isolement lui sera particulièrement pénible. A contrario, une personne dont les récepteurs sont peu sensibles à la libération d'endorphines ne ressentira que peu de différences entre les situations de rencontres et d'absence de rencontres avec autrui. Elle subira donc moins les effets de la solitude, voire du rejet social. CQFD !



dimanche 24 janvier 2010

Se coucher tard et dormir peu augmente le risque dépressif à l'adolescence

D'après une équipe de chercheurs américains, se coucher après minuit augmenterait de 24% le risque de dépression chez les adolescents, et de 20% celui de pensées suicidaires. Les jeunes ne dormant que cinq heures ou moins par nuit seraient également plus exposés de 70% à la survenue de troubles dépressifs, et de 48% aux pensées suicidaires. L'étude a été réalisée sur près de 16 000 adolescents entre 1994 et 1996. Il en ressort que le temps de sommeil moyen des adolescents est de 7h53. Les jeunes se couchant le plus tôt sont aussi ceux qui dorment le plus longtemps. "Nos résultats montrent clairement qu'un sommeil aux horaires inadaptés est un facteur de risque pour la dépression, même si ce n'est pas le seul", commente James Gangwisch, premier auteur de l'étude, cité par "Le Figaro". Les chercheurs en concluent que "la qualité du sommeil pourrait être une mesure parmi d'autres, de la prévention de la dépression chez l'adolescent". Un constat que salue le Dr. Jean-Pierre Gioranella, responsable prévention de la Cpam de Paris, qui rappelle "qu'à l'adolescence, la durée minimum de sommeil doit se situer entre 8 et 9 heures" et que "l'heure limite de coucher ne devrait pas dépasser 22h00".

Le Figaro - 13/010/10

samedi 23 janvier 2010

Grippe A (H1N1) : les vaccins bientôt disponibles dans les pharmacies françaises

Les vaccins contre le virus H1N1 seront disponibles dans les 22 000 pharmacies de France début février, a annoncé le ministère de la Santé, suite à un accord avec les syndicats de pharmaciens. D'abord limitée aux 1 000 centres dédiés, la vaccination peut désormais se faire chez les médecins libéraux. Ces derniers, qui devaient dans un premier temps aller chercher eux-mêmes les vaccins dans les centres, avaient fait part de leur mécontentement. Dans quelques jours, près de 6 millions de doses de vaccins stockées dans les entrepôts des grossistes-répartiteurs seront finalement disponibles pour les pharmacies qui les commandent. Deux options sont possibles : munis d'une ordonnance, les patients pourront se fournir eux-mêmes dans les pharmacies ; parallèlement, les médecins pourront s'approvisionner auprès d'une pharmacie et recevront des coffrets de dix doses. Dans les deux cas, le produit est délivré gratuitement, car il est pris en charge à 100% par l'assurance-maladie. Actuellement, entre 150 000 et 200 000 personnes sont vaccinées par semaine dans les centres.

Les Echos - 22/01/2010

Grippe A (H1N1) : caractère imprévisible du virus H1N1

"Sciences et Avenir" évoque le caractère imprévisible du virus H1N1, alors que le premier pic de l'épidémie vient de s'achever. On estime en effet entre 11 millions et 20 millions le nombre de personnes en France à avoir été en contact avec la grippe A, alors que seuls 5% de Français ont consulté. Ce groupe important de personnes, désormais immunisées, aurait fait barrage à la circulation du virus, dont la violence a été moins forte que prévu. Mais une question demeure : le virus de la grippe A remplacera-t-il celui de la grippe saisonnière, en net recul ?

Sciences et Avenir - Février 2010